Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Saintélyon : le Raid St Etienne-Lyon 1981

10 Décembre 2009 , Rédigé par Gerard Publié dans #Archives


" Les martyrs de l'armée de l'ombre ",
tel était le titre du journal Le Progrès,
au lendemain du Raid St Etienne - Lyon (63,6 km) couru le 13 décembre 1981,
appelé, par la suite, la Saintélyon.
Aujourd'hui, on dit "pour amateurs éclairés".On est passé de l'ombre à la lumière.

On y lit en titres de paragraphes :
- L'armée de l'ombre
- Un chemin de croix
- Le camp du Drap d'Or
- Le ravitaillement des martyrs.

Un article succulent à lire ou relire lorsqu'on a participé à la Saintélyon,
traduisant bien sa difficulté, mais aussi la motivation et la joie des concurrents.
(Attention, ce fichier pdf est un peu long à charger)

  Page suivante

J'étais le 13 décembre 1981, à minuit, à St Etienne,
au départ de cette 31ème édition, dans le sens St Etienne-Lyon.
A cette époque,le sens de la course changeait d'une année sur l'autre.
C'était ma première participation à cette épreuve.
J'habitais depuis quelques mois à Soucieu en Jarrest,
et malgré mon manque de préparation, car j'ai commencé à courir la même année, en 81,
je me suis inscrit à cette longue épreuve.
Déjà, tout randonneur et coureur rêvait de l'inscrire à son palmarès.
Il y avait beaucoup de marcheurs dans les années 80.
Le but : relier St Etienne à Lyon (63,6 km), de nuit, par les Monts du Lyonnais.

J'avais fait auparavant deux courses "nature" longues où j'avais peu brillé:
- le 8 novembre : Lyon- Ste Catherine, 34 km, 4h40 (courue 8 fois,record :2h59 en 87)
- le 22 novembre : Bessenay-Lyon, 27km, 3h03 (courue 3 fois,record :2h14 en 82)

Nous étions 3000 sur la ligne de départ, bien excités par cette aventure hors du commun.
Tous en solo, car les relais n'existaient pas.
Peu de concurrents avaient des frontales. La plupart portait une lampe à la main.
De toute façon, les frontales n'éclairaient pas comme aujourd'hui (pas de LED).





Les dernières inscriptions et le rassemblement à St Etienne
avait lieu, comme maintenant, dans un hall du Palais des Sports (photo ci-desous, à droite)
Le départ était donné place Jean Jaurès, un peu plus en avant que maintenant.



Le parcours était sensiblement le même,
sauf l'arrivée qui avait lieu au centre de Lyon,
rue de la République, devant le Hall du Progrés (sponsor),
le bâtiment où se trouve actuellement la FNAC (photo ci-dessous,à droite)



Mon "expédition", avec ses souffrances et ses joies, est gravée dans ma mémoire.
Je me souviens de ce serpent lumineux dans les Monts du Lyonnais.
Je me souviens du passage au col de la Gachet. Il y faisait un froid glacial.
Le poste de ravitaillement était une grande tente de l'armée.

Je me souviens de la neige sur le plateau balayé par le froid, entre St Christo et Soucieu.
Je me souviens que j'ai beaucoup marché, et de ces chemins où je m'embourbais,
Je me souviens du lever du jour sur les hauteurs de Soucieu en Jarrest, chez moi.
En passant tout près de la maison, l'envie était forte d'aller me coucher.
Mes amis Jarréziens m'encourageaient.

Je me souviens de la terrible montée de Ste Foy les Lyon, où je n'en pouvais plus.
Je me souviens du final, la descente du Gourguillon dans le Vieux Lyon,
de la traversée de la Saône sur le Pont Bonaparte, de la Place Bellecour,
et de l'arrivée devant le Hall du Progrès, harassé et content d'en finir.
J'ai mis 9h15 pour faire le parcours.
La seule photo que j'ai ,près de l'arrivée, un peu hirsute,
en dit long sur mon état de fatigue. Je finis en marchant.

 

La course a été gagnée par un certain Michel Georgiou en 5h13.

Depuis cette édition, j'ai couru 5 fois la Saintélyon.La dernière fois en 2006.
J'ai aussi abandonné deux fois. Mes deux seuls abandons sur toutes mes courses.
Premier abandon, en 82 ou 83 : à Sainte Catherine, dans le sens Lyon-St Etienne.
Mon épouse était venu m'encourager.
J'étais fatigué, j'en avais marre, j'avais froid, je suis reparti avec elle en voiture.
Je l'ai toujours regretté, car j'avais fait le plus dur. Mais le moral n'y était plus.
Deuxième abandon : récemment,en 2008, toujours à Ste Catherine.
Je sentais une forte douleur à la cheville qui m'obligeait à marcher.
Je n'ai pas voulu insister pour éviter la blessure.
Et je ne voulais pas faire 32 km en marchant.

Avec un recul de 28 ans,
je peux dire que cette épreuve a contribué à ma passion pour la course à pied,

Je dit bravo à tous ceux qui ont couru la Saintélyon, cette année,
que ce soit en solo ou en relais.

Je rends hommage à tous les bénévoles de l'époque, et de nos jours,
qui ont fait que cette épreuve est ce qu'elle est, une épreuve mythique.

L'interview, d'un participant : L'angoisse du randonneur pédestre

Nota : on peut cliquer sur toutes les photos pour les agrandir.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article